Je me précipite dans le mouvant abîme;
Dorénavant, plus d'air, le fluide m'enserre.
Vif, mon coeur s'affole, privé de ses repères;
Sans hésitation je le saisis et l'opprime.
Avec calme s'impose la chaude noyade,
Longue langue languissante, elle m'oblige
A mépriser l'Avant. Soudain mes yeux se figent:
A l'ombre des algues j'admire ma Naïade.
Ses lèvres de lapis soufflent un air envoûtant;
Ses yeux d'obsidienne scintillent, déroutants.
Effleurer sa chair ambrée m'emplit de frissons
Qui grimpent et assaillent ma raison amollie:
" Renoncer maintenant ne serait que folie!
Viens et demeure dans l'apnée de la passion! "