Le silence rugit d'une démence atone
Dont les volutes vides, navrantes d'ennui,
Se répandent. Dans le gouffre où nos sons tâtonnent,
Son cri brut et languissant assomme la vie.
Nos âmes gémissent sous ce poids écrasant,
Tremblent vainement face à leur enfermement
Dans une chair molle. Maintenues fermement,
Elles constatent l'inanité du présent.
Un écho s'échappe, défie l'immensité;
Qui vaincra cette formidable densité?
L'impalpable domination semble sans fin.
Mais le Hasard n'a pas ces considérations:
Il brise la roche sur l'autel de l'action;
Un fragile pont d'ondes s'établit enfin.
26 juin 2007